Les questions,
les hésitations, les frustrationsque
nous pouvons rencontrer en priant pour les malades sont toutes
abordées ici. Et pas de n'importe quelle façon!
Cynthia Bloomer
Je l'ai trouvé
excellent, très crédible et surtout équilibré
et répondant aux bonnes questions.
Robert Cau, ancien responsable
de JEM France
J'ai lu tout le
livre, je l'ai même dévoré parce que pour
la première fois quelqu'un parlait le même langage
que moi... Je l'ai déjà prêté.
Personne diabétique
insulinodépendante depuis 35 ans
EXTRAITS DU LIVRE :
7. Marcher dans la vérité.
Il ne s'agit pas simplement de dire la vérité, mais
de la vivre. Elle nous rend alors enfin libres d'être nous-mêmes,
ce qui permet à ceux qui s'approchent de nous de l'être
également.
"Ils arrivèrent à Bethsaïda. On lui amena
un aveugle en lui demandant de le toucher. Jésus prit l'aveugle
par la main et le conduisit hors du village, puis il lui mouilla
les yeux avec sa salive, lui imposa les mains et lui demanda:
"Vois-tu quelque chose?" L'aveugle regarda et répondit:
"J'aperçois des hommes - on dirait des arbres qui
se déplacent." Alors Jésus posa encore une
fois ses mains sur les yeux de l'aveugle. Celui-ci regarda droit
devant lui. Maintenant il vit tout distinctement, même de
loin ."
J'aimerais souligner dans ce récit quatre aspects démontrant
la synergie entre vérité et liberté.
A. Jésus
ne se laisse pas manipuler par la pression psychologique que la
foule exerce sur lui.
On peut imaginer ici l'attente de la populace: Jésus arrive,
elle est excitée et veut du spectacle. Pour cela, elle
demande à Jésus de toucher l'aveugle. Certainement
au courant des miracles qui ont eu lieu à son contact,
elle a tout organisé pour qu'il entre dans le rôle
du guérisseur folklorique. Mais Jésus ne se laisse
pas prendre au piège de l'orgueil. Son but n'est pas de
se faire une renommée de star (sinon il entrerait dans
le jeu que les villageois lui suggèrent), mais bien de
guérir l'aveugle. Ce dernier n'a nullement besoin d'une
petite animation champêtre, mais désespérément
d'une authentique guérison.
B. Jésus
n'a pas besoin d'une ambiance particulière pour agir.
Ici, elle est peut-être même un handicap qui l'oblige
à s'en éloigner. Il prend l'aveugle par la main;
il le touche donc mais sans le guérir, et humblement le
conduit (peut-être sur quelques centaines de mètres)
hors du village.
Quand vous priez publiquement pour les malades, les personnes
présentes chercheront parfois à vous infliger leurs
traditions pour que vous agissiez selon leur goût: ambiance
musicale "chauffée", prières ampoulées,
exhortations scandées aux micros, mouvement de masse désordonné
ou discipline policière.
Prenons une situation plus simple et privée et qui n'a
rien de dramatique; elle montre cependant combien facilement nous
glissons sur la pente de nos traditions. Il est tard, en saluant
nos hôtes sur le pas de la porte, je découvre que
l'épouse souffre dans son avant-bras. Intérieurement,
je ressens la compassion du Seigneur et aimerais en parler à
Dieu à l'instant, ce qui ne prendrait que quelques secondes.
Malheureusement, je sais aussi que nous sommes pris dans un système
religieux qui cherche à transformer en réunion ce
qui devrait rester spontané. Si donc je propose la prière,
au lieu de parler à Dieu là où nous sommes
comme des enfants qui s'adressent à leur Père, nous
devrons défaire nos manteaux, retourner au salon et commencer
une réunion... Il semble que parler à Dieu sur un
pas de porte ne soit pas convenable; et si quelqu'un nous voyait?
Non, il vaut mieux s'asseoir en cercle, fermer les yeux, courber
les épaules, joindre les mains et réciter nos phrases
catéchisées...
Pourtant, suivre Jésus ne consistait pas à assister
à un chapelet sans fin de réunions, mais à
vivre à pleins poumons. Ce n'était pas seulement
à cause du climat météorologique mais aussi
à cause du climat spirituel. Qu'avons-nous donc fait en
cloisonnant la puissance de vie du Royaume dans une multitude
de réunions, de traditions et de programmes interminables?
Nous nous sommes cadenassés dans nos murs, nos comités
et nos organigrammes! Nous avons perdu une grande part de la liberté
des enfants de Dieu que le Nouveau Testament appelle glorieuse
!
C. Jésus
n'a ni un style religieux, ni un dialogue religieux.
Si vous avez une attitude théâtrale, survoltée
ou religieuse, vous obtiendrez des réponses théâtrales,
survoltées ou religieuses. Mais si vous êtes aussi
naturel que spirituel, vous aurez la vérité. Les
émotions seront parfois très fortes, cependant tellement
belles lorsqu'elles se manifestent dans une atmosphère
authentique, chaleureuses et véridique.
Beaucoup de chrétiens croient qu'en posant la question
"comment allez-vous?" à la personne pour laquelle
ils viennent de prier, manifestent de l'incrédulité
et, de ce fait, mettent en péril la guérison. Mais
Jésus, le plus naturellement du monde, demande à
l'aveugle: "Vois-tu quelque chose?"
Comment vous sentez-vous? Pouvez-vous bouger ce membre? Avez-vous
ressenti quelque chose durant la prière?... sont des questions
absolument légitimes qui vous aideront dans le service
que vous exercez.
D. Jésus
ne conditionne pas le malade pour obtenir la réponse désirée
et ne se fâche pas quand le malade dit la vérité.
L'aveugle regarda et répondit: "Alléluia, je
suis guéri." Non... Avec Jésus, le malade pouvait
dire la vérité: "J'aperçois des hommes
- on dirait des arbres qui se déplacent." Jésus
ne réagit pas négativement: "Incrédule,
si tu avais cru, tu aurais été guéri, va,
retourne à la maison." Il ne se décourage pas,
ne se culpabilise pas et n'exhorte pas l'aveugle à avoir
plus de foi, mais pose encore une fois ses mains sur les yeux
de l'aveugle. Par son attitude et son enseignement, il produisait
une atmosphère où le malade se sentait aimé,
où il pouvait être vrai, où il comprenait
ce que Jésus lui demandait et Jésus comprenait ce
qu'il lui répondait. Son style de vie mettait les malades
à l'aise, faisons de même. Un chancelier, Lord Hailsham
a dit de Jésus: "On aurait sans doute été
au plus haut point enchanté de sa compagnie..." Ce
n'était pas un triste Galiléen, mais un jeune homme
équilibré, robuste, exemple de générosité
suprême et de gentillesse.
Certaines prédications s'achèvent ainsi: "Ceux
qui diront "je suis guéri" seront guéris!
Qui est guéri?" Les mains se lèvent, les flashes
crépitent, les secrétaires prennent note et... les
malades repartent malades. Au nom d'un méli-mélo
théologique, on a cru que Jésus entrerait dans la
boîte, mais il n'est pas plus disposé aujourd'hui
qu'à Bethsaïda à le faire. Si Jésus
avait manipulé l'aveugle, il aurait obtenu une première
réponse formulée ainsi: "Alléluia, je
vois, je vois, je vois..." Et l'homme serait reparti à
moitié guéri.
Mais ne devons-nous pas croire que ce que nous demandons nous
l'obtiendrons? Oui, et c'est donc bien la foi qui permet le résultat
et non le résultat (proclamé) qui produit la foi.
La foi est une ferme assurance et cette assurance "transpire"
dans nos paroles et nos actes; mais l'incrédulité,
dissimulée sous une couche de proclamations à l'emporte-pièce,
est entièrement stérile.
Pour achever ce point, rappelons-nous
l'intervention d'Elisée auprès d'un enfant décédé.
Il y a ici non pas deux mais trois étapes résumées
ci-dessous:
- Elisée envoie Guéhazi,
son serviteur, poser son bâton sur le visage de l'enfant,
mais rien ne se passe. Il revient vers Elisée et dit: "L'enfant
ne s'est pas réveillé."
- Lorsqu'Elisée arrive dans la maison, il trouve l'enfant
allongé sur le lit. Il entre alors dans la chambre, ferme
la porte et prie l'Eternel. Il s'étend sur l'enfant; met
sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux et ses mains sur
ses mains. La chair de l'enfant se réchauffe.
- Elisée s'éloigne, va çà et là
par la maison, puis remonte et s'étend sur l'enfant. L'enfant
éternue sept fois, et ouvre les yeux .
Elisée agit dans ce cas
selon les indications qu'il perçoit au fur et à
mesure. Il avait certainement espéré que, par son
bâton, Dieu ressusciterait l'enfant. Cet échec provisoire
ne l'arrête pas. Il prie et reçoit certainement la
direction divine de s'étendre sur l'enfant. La victoire
n'est pas encore là, mais un signe encourageant se produit:
le corps tout entier de l'enfant se réchauffe. Il ne s'agit
donc pas d'un processus naturel dû au contact avec Elisée,
mais bien du toucher de Dieu qui a commencé. Elisée
fait alors une pause, peut-être a-t-il besoin de réfléchir,
de se retrouver seul sans la présence de l'enfant, de chercher
encore la direction de Dieu. Toujours est-il que le moment venu
il retourne s'étendre une deuxième fois sur l'enfant
qui, alors, ressuscite. Dans ce récit, la marche dans la
vérité est une clef.
Souvent, je constate qu'après un premier temps de prière
la personne se porte réellement mieux sans pour autant
être guérie. Il y a parfois, dans nos campagnes,
des personnes qui reviennent quatre fois demander la prière
et qui voient quatre améliorations distinctes.
Jésus, comme Elisée,
nous montre un style de ministère dépouillé
d'artifices, mais puissant et efficace. L'apôtre Jean a
écrit sous l'inspiration de l'Esprit: "Je n'ai pas
de plus grande joie que d'apprendre que mes enfants marchent dans
la vérité ." Offrons cette joie à notre
Père céleste.
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